Yoga

Le yoga, une star qui a de plus en plus de fans !

Que cache le succès du yoga en Occident ? Comment s’est-il adapté à nos modes de vie ? Que raconte cette pratique sur notre société en quête de santé et de bien-être ?

La folie du yoga.

Le yoga est une pratique qui connaît un succès mondial : des studios de yoga et des ashrams qui ne désemplissent pas, des adeptes qui enchaînent les postures pour des raisons très diverses, une myriade d’écoles parfois concurrentes, mais qui promettent toutes l’harmonie corps/esprit à tous ceux qui s’y adonnent de 7 à 97 ans.

Comment comprendre le succès en Occident de cette discipline d’origine indienne ? Comment s’est-elle adaptée à nos modes de vie ? Comment expliquer la dérive éthique et commerciale de certaines écoles et de certains gurus superstars ? Que raconte cette pratique sur notre société en quête de santé et de bien-être ?

Qu’est-ce que le yoga ?

On considère aujourd’hui que le yoga est une pratique physique qui allie les postures, la respiration, de la relaxation et un peu de méditation, une discipline qui a les apparences d’une pratique sportive, mais qui est aussi une pratique spirituelle. À l’origine le yoga, c’est de la méditation et même avant cela une philosophie.

L’étymologie du mot ‘yoga’ : ‘unir’, ‘réunir’, ‘relier’.

Yoga, cela signifie en fin de compte ‘harmoniser’, mettre en cohérence les différentes composantes de la personne, mais aussi la personne avec son environnement. C’est pourquoi il y a une dimension philosophique très importante. C’est sans aucun doute ce qui fait le succès du yoga, c’est une pratique qui implique le corps mais que beaucoup décrivent comme une pratique intelligente, c’est-à-dire que l’on ramène du cœur, de la pensée et de la conscience dans cette pratique, c’est ce qui fait la différence par rapport à d’autres méthodes.

Le mot ‘Yoga’ vient du sanskrit ‘yuj’, qui signifie bien d ‘autres choses qu’unir ou réunir. ‘Yuj’, c’est le joug, donc effectivement il y a une union qui n’est pas une union sans contrainte et sans effort, parce que cela veut dire ‘attelage’, cela définit comment on attelle les animaux pour les mettre au pas, cela définit également certains systèmes d’organisation notamment les constellations, donc le terme sous-entend des notions de système, d’organisation et de contraintes.

Où pratiquer le yoga ?

On pratique le yoga dans des studios de yoga et des ashrams. Qu’est-ce qu’un ashram ?  L’ashram est en quelque sorte l’équivalent du monastère. Ce sont des lieux qui étaient autrefois destinés uniquement aux pèlerins et qui se sont ouverts à tous avec la démocratisation du yoga. On peut aujourd’hui aller pratiquer le yoga dans un ashram en Inde.

De nos jours il existe une infinité d’écoles de yoga. Quel est le dénominateur commun ?

C’est avant tout une pratique, qui implique le corps, associée à la respiration, qui est extrêmement importante ; la respiration est l’une des charnières de la pratique du yoga. Si on ne comprend pas la respiration, c’est difficile de pratiquer et de comprendre la pratique du yoga.

C’est une pratique associée à une attention, une présence. On fait les postures et les enchaînements consciemment sans penser à autre chose, sans écouter de la musique ou regarder une vidéo. On est normalement complètement impliqué dans ce que l’on fait, dans la pratique des postures et le contrôle de la respiration.

La respiration, c’est en grande partie la raison de l’engouement pour le yoga aujourd’hui, parce qu’effectivement la pratique physique est une pratique physique raisonnable, raisonnée et intelligente. On pourrait peut-être trouver cela ailleurs, mais les bienfaits de la respiration, c’est le yoga qui permet de l’apporter.

Que signifie Hatha Yoga ?

Hatha Yoga, cela veut dire le yoga de l’effort. C’est un style de yoga, mais surtout le Hatha Yoga englobe tous les yogas modernes. On parle de Vinyasa, d’Ashtanga, de Power Yoga, d’Iyengar Yoga… Tous sont dérivés du Hatha Yoga, donc d’une certaine façon tous sont du Hatha Yoga. Beaucoup, même certains professeurs de yoga, font l’erreur de distinguer le Hatha Yoga des autres styles de yoga. Or ‘Hatha Yoga’ signifie simplement ‘Qui implique un travail corporel’.

Comment s’y retrouver parmi toutes les labellisations ?

Il faut comprendre l’évolution du yoga au XXIème. Cette évolution est partie de grands professeurs, qui ont eux-mêmes eu des élèves, qui ont eux-mêmes eu des élèves. Ainsi il y a eu une profusion de pédagogies différentes avec des éclairages sur différents aspects. Mais au bout du compte on se retrouve toujours avec la définition première : une posture, une respiration et une conscience.

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Qui fait du yoga ? A qui s’adresse le yoga ?

Selon des études menées en 2019, deux millions six cents mille adeptes auraient pratiqué le yoga au cours des douze derniers mois en France, une pratique essentiellement féminine à 80%, avec un cœur de cible entre 25 et 34 ans, puis après 44 ans.

Cependant le nombre d’adeptes est assez peu fiable. Si le yoga est une forme de discipline sportive, il n’est pas considéré comme un sport ni en France, ni ailleurs dans le monde. Il n’y a donc pas de fédération nationale, qui comptabilise le nombre des licenciés et le nombre des yogis, que ce soit en France ou ailleurs. Le nombre d’adeptes présumés découle d’un espèce de mélanges entre des fédérations, qui ne disent pas leur nom, et des sondages, qui comptabilisent les personnes qui font du yoga une fois dans l’année. Cependant une chose est sûre, le yoga est en expansion.

Pourquoi fait-on du yoga ?

Quand une personne franchit les portes d’une école ou d’un ashram, on ne l’interroge pas sur ses motivations.

Beaucoup imaginent qu’il y a une raison cachée. « On y va pour autre chose ». Bien sûr on se met au yoga parce que l’on est stressé, parce que l’on a mal au dos, etc. Mais si l’on se tourne vers le yoga plutôt que vers le pilates ou la natation, c’est peut-être parce que l’on espère cette autre chose. Cette autre chose qui englobe une attente spirituelle, qui n’est pas toujours complètement consciente ou assumée, mais c’est aussi une façon d’y arriver.

Une étude menée sur 400 personnes montre qu’à 70% les motivations avouées sont des raisons de santé, comme par exemple j’ai mal au dos, je suis stressé, je ne dors pas bien, j’ai des difficultés respiratoires. Puis les raisons évoquées sont de l’ordre spirituel et culturel. C’est donc majoritairement des raisons de bien-être, de santé, d’équilibre qui poussent à faire du yoga.

Derrière les questions de spiritualité, qui ne sont pas clairement annoncées comme telles, on sent le besoin d’une prise en compte générale et globale. Revenons sur le sens du mot ‘yuj’, yoga, qui ne signifie pas seulement ‘contrainte’, mais également ‘maitriser’. C’est cela que beaucoup de personnes recherchent. Dans le monde moderne nous sommes nombreux à nous sentir souvent embarqués par nos émotions, notre anxiété, nos inquiétudes et le yoga nous aide à remettre un petit peu d’ordre dans cette partie de nous-mêmes, qu’on a du mal à pouvoir diriger. On met beaucoup en avant le côté relaxant du yoga. On dit souvent que c’est une pratique pour se détendre, mais c’est aussi une discipline, cette apprentissage de la discipline, qui demande des efforts, de la ténacité et de l’engagement, c’est un apport très important du yoga.

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Le yoga est-t-il devenu un produit ?

Adoptons une approche anthropologique et considérons le yoga comme un produit !

Ce produit est passé par les États-Unis. Il a été noyé dans la culture néo-libérale, puis il est ressorti modernisé. Il apparaît aujourd’hui comme une solution, non plus comme une spiritualité, certainement pas comme un sport, mais comme la solution à des tensions.

Voilà comment le yoga est devenu le signe de notre consommation de toutes les pratiques spirituelles. Qu’est-ce que ça veut dire ‘consommation’ ? Cela veut dire : j’ai un problème, quelqu’un ou une discipline, une méthode ou une technique va résoudre mon problème. C’est un mode de pensée typiquement occidental.

Aujourd’hui le yoga est souvent utilisé pour résoudre des problèmes, alors que le yoga est plutôt une philosophie qui considérerait, que nous sommes des êtres spirituels en train de faire sur terre une expérience humaine. Il s’agit de retrouver l ‘union, l’unité. Mais dans notre culture matérialiste on se dit ‘j’ai mal au dos’, alors je vais faire un stage de j’ai mal au dos, ‘j’ai mal aux pieds’, alors je vais faire un stage de j’ai mal aux pieds… On a vite tendance à se servir du yoga comme d’un outil. Même si le yoga répond aux logiques modernes, cela ne veut pas dire qu’il a été totalement dévoyé. Il a été traversé par l’époque, comme tout le reste.

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Les huit étapes du Yoga.

D’un point de vue ethnologique, le yoga, c’est huit étapes ou Ashtanga : Asht- = Huit – Ang- = Partie.

Dans notre société on se concentre sur les asanas et le pranayama, c’est-à-dire les troisième et quatrième étapes du yoga, on se concentre sur l’assise et la respiration. On oublie les deux premières étapes, c’est-à-dire l’éthique personnelle et par rapport aux autres, ainsi que les dernières étapes, c’est-à-dire le retrait des sens, la concentration sur un objet, puis la concentration sur rien d’autre et enfin atteindre le Samadhi, c’est-à-dire la félicité. C’est pourtant ça le yoga.

Dès que l’on rentre dans une salle de yoga, les deux premières étapes (l’éthique personnelle et par rapport aux autres) sont pourtant indispensables. Elles transparaitront ainsi dans la pratique des asanas : ne pas se faire mal / être sincère dans sa pratique / s’engager de tout son corps / ne pas vouloir faire de compétition avec les autres / accepter ce qui vient même si on n’y arrive pas. Il faudrait que cette philosophie infuse tous les cours de yoga.

On a distingué huit étapes ou huit parties pour des raisons pédagogiques car en réalité quand on est sur le tapis, ce qui est intéressant, c’est que l’on implique un tout, c’est à dire une façon de procéder, d’être, une façon de respirer, une façon de s’étirer, cela se traduit également dans l’acceptation d’une présence à soi, d’une concentration et d’un état d’unité. Les huit étapes, ce ne sont en fait pas huit étapes mais huit parties. Cela définit parfaitement ce que ‘Ang-’ veut dire, c’est-à-dire une partie d’un tout. Pour comprendre, le plus simple, c ‘est de l’expérimenter sur le tapis.

L’histoire du yoga.

Peut-on parler d’une grande contamination positive, d’une épidémie de la guérison ? Peut-on croire à une histoire lisse, positive, linéaire et sans aspérité ?

On met souvent de côté la facette politique de l’histoire récente du yoga. On ne dit pas que si tout le monde se met à faire du yoga aujourd’hui, ce n’est pas par miracle. Il y a eu une vraie conquête de l’Inde vers l’Occident, qui explique non seulement l’engouement pour le yoga aujourd’hui, mais aussi la façon dont on pratique le yoga aujourd’hui.

A l’origine le yoga, c’est une philosophie, puis ça devient une philosophie avec des exercices de méditation et de respiration, mais le combo, que l’on connaît aujourd’hui avec postures et respiration séquencée, c’est extrêmement récent. Cette version du yoga a été favorisée du fait que l’Inde a souhaité démocratiser son yoga, notamment parce qu’en Inde c’était en train de péricliter. De plus les Indiens étaient sous l’emprise de l’empire britannique et voulaient montrer à l’oppresseur qu’eux-mêmes avaient une philosophie, une pratique physique et une science supérieure à la leur et antérieure à leur venue.

1924 est une date clef dans l’histoire du yoga.

Krisnamacharya, le père de tous les yogas contemporains et de tous les maîtres modernes de yoga, ouvre son école de yoga à Mysore en 1924.

C’est une petite révolution. Il ouvre une école beaucoup plus démocratique, accessible à tous et non plus seulement à quelques rares disciples et gurus. Il est le premier à ouvrir son école aux filles. Il enseigne un yoga beaucoup plus séquencé. Il y a vraiment eu une rupture à ce moment–là.

Il ne faut pas croire que le yoga est une discipline indienne qui n’a pas bougé depuis 5000 ans. Il n’en est rien. Dans les années 20, le yoga a été influencé par la culture physique britannique, par les bodybuilders, que l’on appelait ‘culturistes’, et par la gym suédoise, notamment dans la façon de créer des séquences de yoga.

Aujourd’hui cela nous paraît normal, quand on pratique le yoga, de faire des salutations, des postures debout, des postures assises, et de la relaxation, donc une séquence, qui promet de faire travailler le corps au rythme de la respiration. Ce travail séquencé en un temps donné est un apport de la gym suédoise. On a fabriqué un classique.

C’est à la même époque que le premier institut de recherche sur le yoga est créé par Swami Kuvalayananda. L’objectif est de rendre ses lettres de noblesse au yoga grâce à des preuves scientifiques. Les toutes premières recherches médicales sur le yoga sont lancées.

Les ouvrages de référence.

Aujourd’hui dans le yoga moderne, que l’on aille dans les studios branchés ou les shalas (écoles) traditionnelles un peu plus sérieuses, on va toujours se référer aux Yoga Sutras de Patanjali*.

Cependant les Yoga Sutras n’expliquent pas la pratique posturale. Les Yoga Sutras parle d’un yoga qui n’était encore qu’une philosophie. La pratique des postures y est à peine mentionnée. Les Yoga Sutras est un petit livret sur la méditation, qui explique que l’on a tous de la souffrance. On est en plein dans la philosophie grecque (IXème et Vème siècle Av. J.C). On est dans la même perception. On se dit l’être humain souffre. Comment faire pour diminuer sa souffrance ? On met en place une technique de méditation, une méthode qui s’enrichit au fil des siècles avec les postures et les respirations.

Les écrits qui traitent spécifiquement de la pratique du yoga furent écrits beaucoup plus tard. Il s’agit du Yoga Vasishtha, du Shiva Samhita, de la Gheranda Samhita, du Hatha Yoga Pradipika, du Yogayajnavalkya Samhita et aussi du Yoga Taravali.

P.S. : *il n’est pas certain que Patanjali ait vraiment excité. Il est fort probable que les Yoga Sutras aient été rédigés par un collectif, une armée d’érudits, dont les écrits auraient été collectés et réunis sous le nom de Patanjali, entre le IIème Av. J.C. et le IVème siècle Ap. J.C. Les Yoga Sutras seraient par conséquent une écriture collégiale et dateraient d’environ deux mille ans.

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Les pouvoirs du yoga.

On va souvent au yoga pour calmer le mental.

Beaucoup de personnes se mettent la pression car qu’elles n’arrivent pas à faire le vide. Elles ont l’impression d’être de mauvais yogis et ‘méditants’. Le yoga moderne a justement été pensé de façon à placer la pratique physique, celle de l’effort, au centre. Le yoga moderne nous bombarde d’instructions et de contraintes d’alignement, des orteils au sommet de la tête en passant par les petits doigts, le bassin et la nuque… On est complètement bombardé d’informations, en train d’essayer de régler un tas de choses parfois subtiles dans le corps, c’est aussi comme ça que l’on arrive à rester concentré et à calmer le mental.

La voie initiatique du yoga.

Rappelons que le yoga s’inscrit dans notre société de consommation au niveau des pratiques de développement personnel. Or toute voie initiatique correspond en faite à une voie de dépouillement personnel. Il s’agit de se détacher de soi-même pour entrer à l’intérieur de soi et de retrouver un peu l’unité, le grand tout.

Le yoga est né au moment où la philosophie grecque, qui avait elle-même hérité ce savoir des Égyptiens, puis des Sibériens, nous donnait l’allégorie de la caverne de Platon. Que nous dit Platon ? Il nous dit que nous sommes enfermés dans un souterrain avec des chaînes et on tourne le dos à la sortie. On ne peut donc voir que les ombres. C’est exactement le monde dans lequel on vit, c’est pour cela qu’on manque d’oxygène. On a alors deux solutions : soit on améliore les conditions de notre incarcération, on change la moquette, on reste dans la caverne, mais surtout on ne va pas sortir et on va faire un yoga dévoyé, soit on veut suivre la voie initiatique du yoga, sortir de la caverne, passer au delà des apparences et aller vers le bien et l’unité.

On retrouve des motifs communs. À l’époque le Moyen-Orient et l’Occident sont beaucoup plus proches que ce que l’on imagine, car il y a des relations commerciales très fortes et il y a aussi une proximité d’inspiration sur la langue et les concepts. On parle d’ailleurs de langue indo-européenne. Les mots et les concepts sont communs. Le yoga est un cheminement théorique de connaissance et de rapport à la vérité, un questionnement sur un rapport à la vérité. Il y a une dimension de développement personnel, mais il y a également une vraie dimension théorique et théoritique.

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Le commerce du yoga.

Le yoga commence sa conquête de l’Occident par la Californie dès les années 20. Yogananda est le premier guru indien à s’y installer pour enseigner le yoga.

Un demi siècle plus tard, la contre-culture des sixties – le festival de Woodstock, Hollywood, les Beatles – a joué un rôle important dans la diffusion mondiale du yoga. À cette époque Timothy Leary et ses acolytes, dont Richard Alpert, font des expérimentations pour savoir si le LSD permet d’avoir des expériences mystiques et de rencontrer Dieu. La question est de savoir ce qui est le plus efficace pour rentrer en communication avec Dieu, le yoga ou les drogues ? Richard Alpert part en Inde et devient un des premiers Ram Dass américains. Il conclut : « avec le LSD on peut rencontrer Dieu, mais cela ne dure que quelques secondes, alors qu’avec le yoga cela peut durer toute la vie.

Un personnage clef dans l’histoire du yoga : Bikhram

Bikhram Choudhury est né dans les bas-fonds de Calcutta en Inde. Il arrive aux USA en 1973 et joue un rôle fondamental dans la diffusion du yoga.

Il a pu compter sur l’aide de l‘actrice Shirley MacLaine, qui lui ouvre son carnet d’adresses de stars, des stars qui vont assurer la publicité du yoga. Bikhram est le premier à créer une franchise et à développer une vraie approche commerciale autour de la pratique du yoga. Il arrive à Hollywood pour cibler les stars. Shirley MacLaine va le prendre sous son aile. À Hollywood, l’endroit, où il faut être vu, est le studio Bikhram. Avec ce succès-là, il crée des centres partout aux Etats-Unis, qui seront copywrités. C’est le début d’une véritable bascule économique et marchande du yoga.

Il est important de comprendre cette diffusion à partir d’Hollywood, car les stars sont des modèles. Il y aura une sorte de ruissellement auprès des fans, qui se mettent au yoga, parce que leur vedette préférée pratique le yoga. À ce moment-là, pour beaucoup de gens, le yoga est un truc un peu bizarre, que l’on confond un peu avec la secte Hare Krishna. Le fait que des stars de renom et des sportifs de haut niveau pratiquent le yoga et témoignent des bienfaits du yoga, cela a permis de changer la donne. Ceci a permis au yoga de gagner en popularité. À partir de là, les yogis ne sont plus considérés comme des illuminés ou des hippies en marge de la société.

Les dernières déclinaisons du yoga.

Il existe un très nombre de déclinaisons aujourd’hui, tels que le Fly Yoga, Core Yoga, Yinyasa Yoga, Cat Yoga… qui font le bonheur des réseaux sociaux.

Cela raconte surtout l’énorme concurrence qui existe aujourd’hui dans le milieu du yoga. Il y a de plus en plus d’adeptes, de profs, d’écoles, de salles et donc, alors que l’on devient professeur de yoga, en espérant une vie plus harmonieuse, plus alignée, on se heurte à une vraie concurrence. Donc, quand il y a déjà 5000 personnes qui font de l’Ashtanga, de l’Iyengar, ou du Vinyasa, et bien une solution, c’est de proposer du Fly Yoga ou du Cat Yoga pour se démarquer. Cela répond à la logique commerciale de nos sociétés qui gangrène aussi le monde du yoga aujourd’hui.

Dans le même ordre d’idées, que penser des vastes événements qui rassemblent des centaines voir des milliers de personnes ? Il faut savoir qu’ils sont le plus souvent sponsorisés par des marques. Ils reflètent l’impact commercial du yoga aujourd’hui. Leur but est aussi de marquer les esprits. C’est un peu flippant, car le yoga passe avant tout par une relation privilégiée avec un professeur, qui vous guide, vous corrige et prend garde que vous ne vous blessiez pas.

Inutile de s’offusquer de ses dérives plus ou moins amusantes. Concentrons tous nos efforts sur l’essentiel : redonner ses lettres de noblesse au yoga en tant que voie initiatique. Ne soyons pas dupe, tout le reste, c’est du business, c’est de la matière, et c’est l’opposé d’une démarche de dépouillement personnel, passer de la matière à la lumière, c’est bien ce que nous enseigne les voies initiatiques dans le yoga.

Comme devenir professeur de yoga ?

Il n’y a pas de diplôme d’État.

200 hoursIl y a des formations que l’on compte en nombre d’heures : 200 heures, 300 heures, 500 heures… Il faut au minimum un 200 heures pour être professeur de yoga’. L’organisme internationale ‘Yoga Alliance’ labellise ces formations. De très nombreuses branches ont vu le jour (Yoga Alliance 300 hoursInternational, Yoga Alliance France, etc.) et un nombre alarmant de centres de formation, dont des formations virtuelles en ligne, semblent avoir été accrédités depuis environ cinq ans, comme le yoga connaissait un pic de popularité.

500 hoursParallèlement il existe des fédérations, qui se sont auto–proclamées fédérations. Il n’existe pas de fédération nationale, même en France.

Dans ses conditions comment choisir mon cours ?

Il existe de très nombreux styles de yoga aujourd’hui. Un cours collectif coûte en moyenne entre 15 et 20€ le cours. Ce tarif peut être considéré comme raisonnable en France.

Le professeur doit posséder une véritable expérience, au moins plusieurs années de pratique derrière lui. Il doit avoir été formé par une école sérieuse et compétente. Il doit continuer à pratiquer et étudier le yoga assidument.

Le professeur doit être bienveillant. Il doit vous encourager sans vous pousser dans les postures que vous ne pouvez pas faire. Le cours ne doit pas tourner à la démonstration et à la performance.

La respiration est essentielle. Suivre des cours de yoga où la respiration n’existe pas est un contresens. La respiration devrait rester l’élément central d’un cours de yoga.

ALLEZ, TOUS À VOS TAPIS !

Et vous, que vous inspire le yoga ? Que pensez-vous de cet engouement ? Faites-vous du yoga et pourquoi ? Quelles sont vos bonnes et mauvaises expériences ?

Cet article est une transcription infidèle de l’émission radiophonique ‘La Folie du Yoga’ par Grand Bien vous fasse sur France Inter. Les principaux invités étaient la journaliste Marie Coq, le médecin Lionel Coudron, et l’anthropologue Abdou Dnaba.

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